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Le PRP : Plasma Riche en Plaquettes

Les injections de PRP sont un traitement naturel, très connu dans le milieu sportif. Il consiste à injecter un concentré de plaquettes obtenu après une simple prise de sang. Ce concentré de plaquettes permet d’accélérer la récupération après une blessure ou une chirurgie du tendon, ou encore de limiter les effets d’une lésion dégénérative de type arthrose ou tendinose.

Les plaquettes, également appelées thrombocytes, sont de toutes petites cellules sanguines qui jouent un rôle important dans la coagulation du sang. Elles sont produites dans la moelle osseuse et sont essentielles pour arrêter les saignements en formant des caillots sanguins, mais pas seulement. Si ces plaquettes participent à l’hémostase, elles participent également à la régénérescence tissulaire et à l’attraction et la liaison des cellules souches. En somme, elles permettent la mise en place des mécanismes de réparation tissulaire.

Cette technique a d’abord été privilégiée pour les sportifs professionnels. Elle est aujourd’hui accessible à tous, la technologie s’étant démocratisée, les coûts liés à cette procédure ont diminué de manière drastique.

Le PRP est directement injecté dans la zone lésée, autant que possible sous guidage échographique.

Comment est obtenu ce PRP ?

Le processus se réalise en 5 étapes ;

  1. Tout d’abord, la prise de sang. Un échantillon de sang veineux est prélevé chez le patient, généralement au niveau du bras, et collecté dans des kits spécialisés.
  1. Le sang est ensuite placé dans une centrifugeuse pendant plusieurs minutes, à une température maintenue autour des 20 degrés Celsius. Cette centrifugation permet une séparation de plusieurs composants du sang, dont les plaquettes.
  1. Les plaquettes sont ensuite isolées et concentrées dans une petite quantité de plasma, constituant ainsi le PRP à proprement dit.
  1. Le PRP est injecté directement dans la zone à traiter. Les plaquettes libèrent alors différentes petites molécules dont des facteurs de croissance qui stimulent la croissance de nouvelles cellules, la production de collagène, favorisant la réparation du tissu. Cela peut être utile dans le traitement de blessures musculaires, tendineuses ou articulaires.

Un guidage échographique est souvent nécessaire afin de cibler précisément la zone lésée.

Afin de pouvoir parler de PRP, le concentré à injecter produit après centrifugation doit contenir au moins 3 à 5 fois la concentration plaquettaire physiologique (150 000 – 400 000 plaquettes / microlitre de sang). On parle de PRP “fort” pour des concentrations comprises entre 6 et 9 fois la concentration plaquettaire physiologique.

L’activation des plaquettes va conduire à la libération de différents facteurs de croissance et cytokines qui auront une action sur différents types de cellules. Les cytokines sont de petites molécules libérées par les cellules du système immunitaire, et qui leur permettent de communiquer entre elles.

Les facteurs de croissance semblent être l’objet de toutes les attentions pour expliquer la majorité des bénéfices liés à l’injection des PRP, si bien que certaines préparations consistent à injecter que les facteurs de croissance, sans les plaquettes et les autres cellules, on parle alors de lysat de plaquettes.

Une vingtaine de familles de facteurs de croissance ont été identifiées, avec des implications vasculaires, cellulaires ou tissulaires. Les principales familles étant : le VGEF et le ECGF (impliquées dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins), les IGF, PD-EGF et PDGF (impliquées dans la croissance cellulaire), le bFGF (impliquée dans la formation de nouveau collagène), le TGF (impliqué dans le remodelage osseux). Les plaquettes activées libèrent également des cytokines pro-inflammatoires comme les IL-1, IL-6 et TNF. 70% des facteurs de croissance et cytokines sont libérés dans les 10 minutes après activation des plaquettes, 95% dans l’heure, les 5% restant dans les 10 jours.

Il est vraiment important que les plaquettes ne soient pas trop diluées dans le PRP à injecter. On considère que le volume de plasma ne doit pas dépasser 10%.

La standardisation de l’injectable est assez difficile à atteindre, d’une part car il existe des particularités individuelles en fonction des patients, mais aussi car les industriels proposent différents types de kit et de protocole de centrifugation et d’extraction. La majorité des Kits comprend l’aiguille de ponction, les tubes avec anticoagulants et un système permettant d’obtenir une meilleure séparation des constituants après centrifugation. Cela va dépendre des systèmes, mais globalement une ponction veineuse de 55 mL de sang mélangée à 5 mL d’anticoagulants permet l’obtention de 5 mL de PRP.

La littérature tend à démontrer qu’un PRP contenant également des globules blancs, et un minimum de globules rouges semble donner de meilleurs résultats, mais les avis divergent en fonction des indications.

En effet, les neutrophiles qui font partie de ces globules blancs, et en dehors d’un cadre infectieux, produisent des IL-10 et IL-1, qui sont des cytokines anti-inflammatoires majeures, ainsi que du TGF-Béta. Ces molécules vont jouer un rôle important dans le passage de la phase inflammatoire d’une blessure à la phase de prolifération puis de remodelage. À noter que certains macrophages vont également participer à la libération de IL-10. Nous aborderons ces mécanismes de réparation tissulaire et ces différentes phases dans un prochain article.

La présence de quelques globules rouges semble également souhaitable : en effet, ils libèrent de la thrombine, qui est un activateur plaquettaire. Nous savons aujourd’hui que le collagène (protéine fibreuse qu’on retrouve dans tous les tissus) est également un activateur des plaquettes.

L’utilisation de l’électrolyse percutanée juste après une injection de PRP ou la réalisation d’une simple irritation obtenue grâce à plusieurs passages de l’aiguille semble accélérer les mécanismes de réparation. En effet, ce type de méthode complémentaire au PRP induit immédiatement une réaction inflammatoire nécessaire à la réparation du tissu.

Avant l’injection ? 

Il est important de stopper la prise d’anti-inflammatoires (Diclofenac, Ibuprofen, etc.) 1 semaine avant l’injection de PRP, sauf avis contraire de votre praticien. Si vous bénéficiez d’un traitement anticoagulant ou anti-agrégant, il vous faudra impérativement discuter de son interruption temporaire avec votre médecin traitant. La veille, buvez beaucoup d’eau, mangez bien, et passez une bonne nuit. Certains auteurs recommandent la supplémentation en oxyde nitrique 5 jours avant l’injection ainsi que le jour même. Une supplémentation ou une alimentation riche en vitamines B12, C, D et K pourrait jouer un rôle positif dans le succès du traitement.

Le jour de l’injection ? 

Restez hydraté(e) et mangez un repas complet et nutritif. En général, entre le moment de la prise de sang et la fin de l’injection en passant par la préparation du PRP, il vous faudra prévoir entre une heure et une heure et demie. À noter qu’il serait préférable d’éviter la consommation de café le jour du traitement. Certains auteurs recommandent de faire de l’exercice physique juste avant l’injection de PRP.

Que faire après l’injection ?

Après l’injection de PRP, il est recommandé de ne pas avoir recours à des anti-inflammatoires pendant une période d’au moins 2 semaines, et si possible jusqu’à 6 semaines. En effet, il faut préserver la phase dite “inflammatoire” post-PRP qui précède les mécanismes de cicatrisation et de remodelage.

Dans les 24 heures post-PRP, attendu que les plaquettes vont relâcher 95% des facteurs de croissance, il faut garder un repos relatif, voire bénéficier d’une immobilisation du tissu traité, afin de limiter la diffusion du PRP hors du site injecté. Certains auteurs recommandent une immobilisation de l’articulation ou du tendon pendant 1 semaine post-injection.

L’utilisation de la glace dans les suites immédiates du traitement PRP demeure controversée, car elle pourrait diminuer l’activation des plaquettes.

Les exercices de réhabilitation seront idéalement commencés la 2ème semaine, associés à des méthodes physiques de bio-stimulation comme les Ondes de Choc, la photobiostimulation ou encore les champs magnétiques pulsés. Quand il s’agit d’un traitement de tendon, la reprise progressive de l’activité sportive est en général envisagée lors de la 11ème ou 12ème semaine post-injection. Nous aborderons cela dans un autre article, mais il faut effectivement bien garder à l’esprit que le délai de réparation d’un tendon est très long.

En fonction des indications, 1 à 3 injections de PRP espacées de quelques semaines peuvent être envisagées.

Contre-indications Les contre-indications absolues au PRP sont : Une thrombocytopénie (< 100 000 plaquettes / uL), un syndrome plaquettaire dysfonctionnel, une instabilité hémodynamique, la présence d’une septicémie, patients n’acceptant les risques associés à tout acte mini-invasif.

Rédigé par:

Dr Cyril Fischhoff DC, MSc, FRCC (imaging)

Chiropracteur spécialiste en échographie MSK

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