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La Sténose lombaire

Mr K, 73 ans, consulte pour une douleur lombaire irradiante dans les 2 jambes jusqu’aux pieds (lombo-sciatique bilatérale) depuis 4 mois. La douleur est arrivée en ayant passé le balai. Le patient présente un périmètre de marche de 5 min maximum (= le temps de marche maximum que peut faire le patient avant de s’arrêter à cause de la douleur) ainsi qu’un déverrouillage matinal de 20 min. Les douleurs sont cotées à 7-8/10. Il ne présente pas de composante inflammatoire (pas de réveils nocturnes), ni de signe pouvant évoquer un syndrome de la queue de cheval (urgence absolue). Etant donné que la douleur est chronique et associée à des troubles neurologiques moteurs (faiblesse au niveau de certains muscles du pied) , une IRM lombaire a été réalisée montrant : en L4/5, une large protusion discale postérieure à base large touchant le sac dural (= gaine membranaire entourant la moelle épinière et les racines de la queue de cheval). Une hypertrophie des articulations facettaires et du ligament jaune (= structure se trouvant en arrière des corps vertébraux ayant un rôle primordial dans la stabilité et le mouvement des vertèbres, ce ligament peut s’hypertrophier/s’épaissir/se gonfler pouvant provoquer un rétrécissement du canal rachidien) est également présente, constituant une sténose absolue (= lorsque le diamètre du canal rachidien est <7mm) du canal central. Dans ce cas, le diamètre minimum du canal central AP mesure 6 mm.

Qu’est-ce que le canal lombaire ? Point Anatomique

Le canal lombaire (encore appelé canal rachidien) est un lieu de passage (en arrière des corps vertébraux des vertèbres lombaire) pour la fin de la moelle épinière (se terminant au niveau de la 2ème lombaire) ainsi que les racines nerveuses (queue de cheval) destinées aux membres inférieurs et au petit bassin. Cela permet de connecter le cerveau avec la partie inférieure du corps humain.

Qu’est-ce qu’une sténose lombaire ?

Une sténose lombaire (ou canal lombaire étroit) est un rétrécissement du diamètre du canal lombaire. Cela peut être dû à plusieurs facteurs, tel que: 

  • une croissance excessive des os: l’arthrose pouvant former des éperons osseux (appelés becs de perroquet) pouvant se développer dans le canal rachidien

La maladie de Paget, qui est une maladie des os pouvant provoquer une prolifération osseuse au niveau de la colonne vertébrale. 

  • des hernies discales: des fissures à l’extérieur du disque peuvent permettre à une partie matériel interne mou (le noyau) de s’échapper et de réduire le canal rachidien.
  •  l’épaississement des ligaments: ce sont des cordes qui aident à maintenir avec les disques une cohésion entre les vertèbres. Ces ligaments peuvent s’épaissir/ se gonfler dans le canal rachidien et réduire l’espace disponible pour les nerfs. 
  • un glissement d’un vertèbre sur une autre (spondylolisthésis lombaire): lorsqu’une vertèbre se “met à glisser” par rapport à une autre vertèbre, l’espace entre les vertèbres va se réduire par un effet de “coup de cigare”
  • kyste articulaire postérieur: les articulations postérieures s’usent et produisent un liquide épais qui vient gonfler la paroi de l’articulation, un peu comme la paroi d’un ballon de baudruche. Les nerfs sont alors comprimés par le kyste. 

Il peut aussi y avoir d’autres causes comme les tumeurs (rares) et les fractures de la colonne vertébrale (post-traumatique). 

La sténose lombaire la plus répandue est la sténose lombaire dégénérative consécutive au vieillissement naturel de la colonne vertébrale lombaire. Il faut rappeler que les lésions observées, notamment en imagerie moderne, sont en rapport avec le vieillissement et l’usure, mais n’ont pas forcément de caractère pathologique.

Il faut bien garder à l’esprit que seule une bonne corrélation anatomique, avec notamment des symptômes neurologiques concordants, fera conclure à un canal lombaire étroit symptomatique. En effet, l’imagerie à elle seule n’est pas suffisante pour poser un diagnostic clinique car quelquefois les patients peuvent présenter une sténose lombaire (vu à l’IRM) mais non douloureuse. Tout dépend de la mobilité du patient, de l’activité du patient (sédentarité ou sportif), de sa tonicité musculaire au niveau des muscles profonds (muscles stabilisateurs) … bref de nombreux facteurs  qui entrent en jeu dans la survenue d’une douleur.

L’évolution de la sténose lombaire dégénérative se fait en plusieurs étapes en commençant avec des lésions initiales sous formes de fissurations discales ou de micro-déchirures capsulaires, suivies d’un pincement discal avec (ou non) l’apparition d’ostéophytes, pour arriver au stade d’hypertrophie des articulations et épaississement des ligaments et des capsules articulaires. Ces phénomènes touchent autant le canal central que les récessus latéraux et les foramens intervertébraux ce qui engendre un rétrécissement général du canal rachidien. Les niveaux les plus touchés par ordre de fréquence sont L4/L5, L3/L4 et plus rarement L2/L3 ou L5/S1. 

La moyenne d’âge des sténoses dégénératives est de 65 ans. La sténose lombaire s’installe de manière progressive et la grande majorité des patients sont des anciens lombalgiques.

Notre approche thérapeutique :

Il existe plusieurs approches thérapeutiques possibles: des plus conservatrices (ex: thérapies  manuelles, des manipulations vertébrales) à la chirurgie, en passant par les infiltrations de corticoïdes.   

Les infiltrations de corticoïdes peuvent être proposées dans le cadre de douleurs très importantes ressenties par le patient. 

La chirurgie, quant à elle,  est plus souvent indiquée lorsque le périmètre de marche (indicateur important montrant une évolution favorable ou non du traitement sur la pathologie) n’évolue pas favorablement au traitement conservateur,  elle sera donc envisagée en dernier recours.  Les opérations proposées par le chirurgien peuvent consister à réaliser une  laminectomie  (= technique de décompression standard qui consiste en une résection de l’apophyse épineuse, des lames entières et de la facette médiale) ou à réaliser d’autres approches moins invasive (dépendant de la sévérité de la sténose) comme la chirurgie microendoscopique  (= technique mini-invasive de chirurgie préservant les structures de stabilisation de la colonne vertébrale).

 

Dans le cas de Mr K, 73 ans, une approche plus conservatrice a été initiée . Bien évidemment si les résultats obtenus ne sont pas favorables après 6 semaines de traitement alors un avis chirurgical (chirurgien orthopédiste et/ou neuro-chirurgien) sera demandé.

 

Dans le protocole de sténose lombaire, nous utilisons une approche multimodale réunissant plusieurs outils thérapeutiques afin de mettre toutes les chances de votre côté pour éviter l’opération. Nous nous sommes inspirés de la littérature scientifique du “lumbar stenosis boot camp” publié par le Dr Ammendolia, chiropracteur,  expert mondialement reconnu dans la prise en charge conservatrice de la sténose vertébrale. Ce programme de soin s’applique aux personnes souffrant de claudication neurogène (= douleur survenant dans les jambes au bout d’une certaine distance de marche forçant le patient à s’arrêter, ces douleurs peuvent être ressenti comme des des engourdissements, picotements, fourmillements) comprenant une thérapie manuelle (flexion-distraction lombaire, manipulation chiropratique de la colonne vertébrale, mobilisation des tissus mous et des nerfs) ainsi que des exercices structurés à domicile. Sur l’ensemble des patients participant à ce programme (49 patients), 100% des patients ont noté une diminution des douleurs dans les jambes ainsi que dans le bas du dos après les 6 semaines de traitements.  

 

Nous avons eu recours aux techniques suivantes :

        Technique d’ajustements biomécaniques lombaire: permettant d’augmenter la mobilité segmentaire, et de réduire les douleurs (effet antalgique),

plus d’informations sur notre site web en consultant ce lien : https://chiromu.net/nos-services/

 

        Technique de flexion-distraction (COX technique) permettant d’ouvrir ce canal lombaire afin de permettre une meilleure perfusion sanguine au niveau des disques intervertébraux et des racines nerveuses,

plus d’informations sur notre site web en consultant ce lien : https://chiromu.net/nos-services/

 

        Technique de Glucopuncture consistant en des injections de glucose 5%  (solution naturelle sans effets secondaires) ayant un effet neuromodulateur puisque les nerfs sous-cutanés absorberont ce glucose créant une hyperpolarisation du neurone facilité permettant d’avoir un effet analgésique ce qui réduit la symptomatologie du patient.

plus d’informations sur notre site web en consultant ce lien : https://chiromu.net/la-glucopuncture-dextrose/

 

        Technique d’électrostimulation péri-neurale périphérique (EIP) afin de désensibiliser les nerfs pour avoir un effet antalgique et améliorer le contrôle musculaire, 

plus d’informations sur notre site web en consultant ce lien : https://chiromu.net/electrostimulation-intramusculaire-perineurale-eip/

 

       Laser thérapie permettant de diminuer les tensions musculaires.

 Dans ce cas précis après 4 séances de traitement, le patient présentait un périmètre de marche de 30 min (au départ 5 min) ainsi qu’une diminution nette de ses douleurs cotées à 3/10 (initialement 7-8/10). C’est pourquoi le protocole sténose a été complété par :

        Des sessions de traitement par une table de traction automatique (sous la surveillance d’une nurse) : traction lombaire afin de d’augmenter le diamètre du canal lombaire et d’augmenter la perfusion sanguine au niveau des disques et des nerfs,

Du vélo pendant 20 min : afin de faire bouger le patient pour stimuler la revascularisation lombaire (notamment au niveau des disques et des nerfs),

Des exercices de réhabilitation : afin de renforcer différents groupes musculaires pour améliorer la flexibilité et le contrôle moteur ce qui permet de protéger davantage ses vertèbres lombaires.

Dans le cas de Mr K, après 5 séances de traitements,  le patient ne ressentait plus de douleur et à vu évoluer son périmètre de marche passant de 5 min à 30 min soit 6 fois plus. Il a ensuite continué son protocole de traitement avec le coach en faisant des exercices de réhabilitation + table de traction automatique + vélo 20 min.

Références: 

Article rédigé par :

Dr Gautier Tiberi DC, Chiropracteur

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